
La paire de devises EUR/USD a évolué calmement mardi. La nouvelle année ne fait que commencer, et pourtant elle a déjà apporté aux marchés tant d’événements que cela suffirait pour plusieurs mois à venir. Cependant, le flux d’actualités ne montre aucun signe de ralentissement. La veille encore, on apprenait que le gouvernement chinois avait interdit à ses banques d’acheter des bons du Trésor américain. Comme dit le proverbe, « œil pour œil, dent pour dent ». Nous répétons depuis longtemps que la Chine est l’un des rares acteurs sur la scène mondiale prêts à répondre à Washington et à Trump avec une force équivalente. Vous augmentez les droits de douane sur nos produits ? Nous réagirons en restreignant les exportations de métaux des terres rares ou en cessant d’acheter vos Treasuries.
La Chine peut difficilement riposter aux États‑Unis sur le strict plan commercial. En revanche, elle peut contre‑attaquer dans d’autres domaines. Pour reprendre une métaphore, les États‑Unis comme la Chine disposent de cartes très fortes, mais elles ne sont pas de la même couleur.
En conséquence, le dollar n’a pas réussi à se redresser après le week‑end et a immédiatement perdu 100 pips. Mardi, il a réussi à éviter un nouvel effondrement, mais une telle chute semble inévitable. Les rapports sur les Non‑Farm Payrolls et le chômage seront publiés aujourd’hui aux États‑Unis, et les données sur l’inflation suivront vendredi. Sur quoi parieriez‑vous dans la situation actuelle ? Un marché de l’emploi solide ou un nouvel échec ? Bien entendu, certains rapports pris isolément pourraient soutenir le dollar. Nous avons rappelé à de nombreuses reprises que le paradoxe réside dans le fait que le marché n’évalue pas l’état réel du marché du travail, mais la relation entre les chiffres publiés et les prévisions. Autrement dit, le marché de l’emploi n’a pas besoin d’afficher des statistiques particulièrement fortes pour que le dollar progresse ; il lui suffit de présenter une valeur supérieure aux attentes.
Ainsi, pour que le dollar affiche une hausse aujourd’hui, les Non‑Farm Payrolls doivent dépasser 70 000, et le taux de chômage ne doit pas excéder 4,4 %. Si ces conditions sont réunies, la devise américaine se renforcera. Toutefois, ce mouvement a peu de chances d’être ample ou durable. Même si le marché aime jouer le scénario « attentes / réalité », il comprend bien qu’une création de 80 000 emplois est dramatiquement insuffisante pour un pays comme les États‑Unis. En outre, il ne faut pas oublier que chaque publication des Non‑Farm Payrolls s’accompagne d’une révision des estimations des mois précédents, généralement à la baisse. Ainsi, la valeur pour janvier peut s’avérer relativement élevée, alors que celles de novembre et décembre peuvent être revues à la baisse.
Sur l’unité de temps quotidienne, le tableau technique reste limpide. On ne voit aucun signe de fin de la tendance haussière globale amorcée en 2022 et qui s’est renforcée en 2025. La semaine dernière, la paire EUR/USD a corrigé à la baisse après une vive progression de 500 pips. Nous pourrions maintenant entrer dans une nouvelle phase de cette tendance. La seule ombre au tableau est que l’indicateur CCI est entré en zone de surachat, ce qui avertit d’un risque de correction baissière. Mais les mouvements de cette semaine dépendront davantage des données macroéconomiques que de l’indicateur CCI. Pour l’instant, le dollar perd bataille après bataille.

La volatilité moyenne de la paire EUR/USD au cours des 5 dernières séances de trading, au 11 février, est de 63 pips et est qualifiée de « moyenne ». Nous prévoyons que la paire évoluera mercredi entre 1,1837 et 1,1963. Le canal supérieur de la régression linéaire est orienté à la hausse, ce qui signale une nouvelle progression de l’euro. L’indicateur CCI est entré en zone de surachat, avertissant d’un possible repli.
Niveaux de support les plus proches :
- S1 – 1,1841
- S2 – 1,1719
- S3 – 1,1597
Niveaux de résistance les plus proches :
- R1 – 1,1963
- R2 – 1,2085
- R3 – 1,2207
Recommandations de trading :
La paire EUR/USD poursuit une correction assez marquée au sein de la tendance haussière. Le contexte fondamental global reste extrêmement défavorable au dollar. La paire est restée sept mois dans un canal horizontal, et il est probable que le moment soit venu de reprendre la tendance de fond amorcée en 2025. Le dollar manque de fondements pour une croissance à long terme. Par conséquent, tout ce sur quoi le dollar peut compter, c’est un mouvement en range ou une correction. Si le prix se situe sous la moyenne mobile, de petites positions vendeuses peuvent être envisagées avec un objectif à 1,1719, sur une base purement technique. Au‑dessus de la ligne de moyenne mobile, les positions acheteuses restent d’actualité avec des objectifs à 1,1963 et 1,2085.
Explications des illustrations :
- Les canaux de régression linéaire aident à déterminer la tendance actuelle. S’ils sont tous deux orientés dans le même sens, cela signifie que la tendance est actuellement forte.
- La ligne de moyenne mobile (paramètres 20.0, lissée) définit la tendance de court terme et la direction dans laquelle il convient actuellement de trader.
- Les niveaux de Murray constituent des niveaux cibles pour les mouvements et les corrections.
- Les niveaux de volatilité (lignes rouges) indiquent le canal de prix probable dans lequel la paire devrait évoluer au cours de la prochaine journée, sur la base des données de volatilité actuelles.
- L’entrée de l’indicateur CCI en zone de survente (sous -250) ou de surachat (au‑dessus de +250) signale un retournement de tendance potentiel dans la direction opposée.
