Les principaux bénéficiaires du conflit armé au Moyen‑Orient ont été l’or traditionnel et l’« or noir ». Le Bitcoin a connu de fortes fluctuations, tandis que les devises restent en alerte, suivant l’évolution des événements dans la région après d’importants gaps de prix à l’ouverture de la première semaine du printemps. Les valeurs refuges traditionnelles n’ont pas réussi à tirer des bénéfices substantiels des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran. Cela permet de spéculer sur une répartition des gagnants et des perdants suivant le principe des pays producteurs et consommateurs de pétrole.
Évolution des devises du G10 face au dollar américain

Le billet vert s’est apprécié face aux devises des pays importateurs de pétrole, notamment la couronne suédoise, la livre sterling et l’euro. En revanche, la couronne norvégienne et le dollar canadien se sont nettement mieux comportés grâce à la hausse de 13 % du Brent, sa plus forte progression quotidienne depuis 2022.
Le fait que le marché ne distingue pas les gagnants des perdants selon le principe des valeurs refuges face aux actifs plus risqués se reflète également dans la dynamique des obligations du Trésor américain. Au lieu de baisser, leurs rendements ont augmenté. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. Premièrement, les États‑Unis sont exportateurs nets d’énergie, et le rallye du Brent peut être positif pour leur économie. Deuxièmement, la hausse des prix du pétrole va accroître les anticipations d’inflation et réduire la probabilité d’une poursuite de la pause dans le cycle d’expansion monétaire de la Réserve fédérale. Cela incite les investisseurs à vendre des Treasuries et à acheter des dollars américains.
Réaction du dollar américain aux événements au Moyen‑Orient

L’euro est sous pression en raison d’une hausse de 25 % des prix du gaz. Une part importante de ce « carburant bleu » est livrée à l’Europe via le détroit d’Hormuz après le refus de l’UE d’en acheter à la Russie. Selon Goldman Sachs, compte tenu de l’offre limitée, les prix pourraient doubler. Cela crée une impression de déjà-vu rappelant la crise énergétique survenue lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. À cette époque, les cours de l’EUR/USD avaient fortement chuté.
Les investisseurs préfèrent recourir à d’anciens schémas, même s’ils ne se précipitent pas. Chaque situation est unique et les paires de devises peuvent réagir différemment. Il faut rester prudent pour éviter les erreurs.

La suite des événements dépendra de la durée du conflit armé. L’Iran se dit déjà prêt à entamer des négociations avec les États-Unis, laissant espérer un règlement rapide. En revanche, les exigences de Washington concernant un changement de leadership au profit d’une administration plus conciliante s’apparentent à un ultimatum que Téhéran pourrait ne pas accepter.
D’un point de vue technique, le graphique journalier de l’EUR/USD montre un gap à l’ouverture du marché. Les cours ont rebondi sur un support significatif au niveau pivot de 1,1725 ; toutefois, combler ce gap ne sera pas chose aisée. Tant que l’euro se négocie sous la borne inférieure de la fourchette de juste valeur de 1,1755 $ à 1,1900 $, il reste pertinent de conserver et d’augmenter les positions vendeuses initiées à 1,1835 $. Les objectifs sont fixés à 1,1680 et 1,1640.
