L’EUR/USD a entamé la semaine par une légère progression, le dollar s’étant quelque peu replié. Les traders entrevoient une lueur d’espoir quant à un possible règlement du conflit au Moyen-Orient, mais le scepticisme reste fort au vu du passé irrégulier des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Le marché est fortement tendu, ce qui indique qu’il se prépare à un mouvement décisif dès que des éléments concrets feront surface. La direction de la prochaine cassure de prix demeure incertaine ; en revanche, il est clair qu’une issue est probable à court terme.

La situation est mitigée : des fuites optimistes alternent avec des déclarations abruptes et catégoriques de la part des responsables politiques. Les analystes sont tout aussi divisés. Certains estiment que les parties sont dans la « dernière ligne droite » vers un accord-cadre qui pourrait ouvrir la voie à un accord définitif. D’autres soutiennent que le risque d’une reprise de l’action militaire a augmenté, les différends stratégiques de fond — notamment autour du programme nucléaire iranien — restant non résolus, tandis que les leviers diplomatiques sont largement épuisés.
Le président Donald Trump a décrit les chances de parvenir à un accord ou de voir reprendre les frappes comme étant de « 50?50 », indiquant que les accords fondamentaux avec Téhéran restent en suspens et qu’il a donné pour consigne à ses représentants de ne pas précipiter un règlement.
Sur ce fond d’incertitude teintée d’optimisme, l’EUR/USD a brièvement inscrit un plus haut hebdomadaire à 1,1649 avant d’évoluer dans une fourchette étroite entre 1,1610 et 1,1650. Les traders hésitent à constituer des positions importantes dans un sens comme dans l’autre ; les intervenants de marché restent figés dans l’attente de clarifications au Moyen-Orient. Tous les autres fondamentaux ont perdu de leur importance : la géopolitique est devenue le thème dominant.
Si l’on agrège les fuites dans les médias, le tableau est prudemment encourageant. Fox News a rapporté que les États-Unis et l’Iran se seraient mis d’accord à environ 95 % sur un accord-cadre et ne discuteraient plus que de formulations résiduelles, la finalisation du mémorandum étant attendue sous cinq à sept jours. D’autres médias américains, toutefois, ne constatent aucun progrès sur la question cruciale du nucléaire et suggèrent que tout accord sera probablement limité et composé de concessions mutuelles. Le Washington Post a indiqué que l’Iran pourrait rouvrir le détroit d’Ormuz uniquement si 12 milliards de dollars d’avoirs gelés étaient débloqués et si les restrictions américaines visant les ports iraniens étaient levées ; le journal a également rapporté que le projet de mémorandum n’inclut pas d’accord nucléaire abouti, mais plutôt un engagement à négocier cette question ultérieurement.
Des sources de Bloomberg indiquent également que les deux parties se rapprochent d’un accord malgré des désaccords persistants sur l’uranium et les sanctions. Ce projet prévoit une prolongation de la trêve de 60 jours, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’autorisation pour l’Iran de vendre du pétrole.
Les négociations sont toutefois ralenties par les dynamiques internes à Téhéran. Selon les renseignements américains, les communications avec les plus hauts dirigeants iraniens sont entravées depuis les frappes aériennes d’ampleur menées en avril, et se font désormais par l’intermédiaire de messagers et d’intermédiaires. Cela complique les procédures de validation internes en Iran et peut ajouter des jours, voire des semaines, à tout processus de ratification.
Globalement, et sur la base des fuites publiées, la balance penche progressivement en faveur d’un cessez-le-feu limité mais durable. Qualifier le processus de « dernière ligne droite » n’est pertinent que pour la première étape tactique — la cessation de la phase chaude du conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz. Même cette désescalade limitée apporterait un soutien significatif à l’EUR/USD grâce à une amélioration de l’appétit pour le risque.
Le processus reste fragile et pourrait s’effondrer si les différends stratégiques sur le statut nucléaire de l’Iran se rallument. Dans ce cas, l’EUR/USD chuterait probablement nettement, vraisemblablement vers la zone des 1,1500. Le scénario de base demeure néanmoins celui d’un accord préliminaire débouchant sur le rétablissement de la navigation à travers Ormuz. Une telle issue aiderait les acheteurs de l’euro à franchir la zone de résistance de 1,1700 (borne supérieure du nuage Ichimoku Kumo, alignée avec la bande supérieure de Bollinger et le Kijun-sen en D1) et à pousser la paire vers la zone des 1,17.
