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FX.co ★ USD/CAD : Prévision de la réunion de la Banque du Canada en juin

USD/CAD : Prévision de la réunion de la Banque du Canada en juin

Le 10 juin, la Banque du Canada tiendra sa prochaine réunion, et elle devrait maintenir inchangés tous les paramètres de sa politique monétaire. Il s’agit du scénario de base, le plus attendu, et sa concrétisation est déjà largement intégrée dans les prix actuels. Par conséquent, toute l’attention des traders sur l’USD/CAD sera tournée vers la rhétorique du communiqué qui accompagnera la décision et vers les commentaires du gouverneur de la banque centrale. L’intrigue demeure, car la banque centrale devra trouver un équilibre entre les signes de récession, une nouvelle vague de risques inflationnistes et la vigueur des données sur le marché du travail. La direction dans laquelle penchera la balance reste une question ouverte, ce qui fait que la réunion de juin est loin d’être une simple formalité.

USD/CAD : Prévision de la réunion de la Banque du Canada en juin

En observant l’unité de temps hebdomadaire (W1), on constate que la paire USD/CAD évolue dans une tendance haussière depuis six semaines consécutives. Cette dynamique de prix s’explique non seulement par le renforcement général du dollar américain (dans un contexte de regain d’aversion au risque), mais aussi par la faiblesse du dollar canadien, conséquence du ralentissement de l’économie canadienne.

Rappelons qu’après la révision des données de croissance du PIB du Canada pour le quatrième trimestre 2025, l’office de la statistique a fait état d’une contraction de l’économie de 1,0 %. Au premier trimestre de cette année, le PIB du pays a également reculé de 0,1 % (contre une prévision de croissance de 1,5 %). Ainsi, après deux trimestres consécutifs, l’économie canadienne est entrée en phase de récession technique.

Cependant, la structure de ce repli est bien plus importante que le simple fait d’enregistrer deux trimestres « négatifs ». L’élément le plus préoccupant est la réduction de l’investissement des entreprises. Les investissements des sociétés reculent depuis cinq trimestres consécutifs, et au premier trimestre de cette année, ils ont encore diminué de 0,7 %. Il s’agit là d’un signal réellement inquiétant, car l’investissement conditionne la productivité économique future. Les dépenses d’investissement public ont également chuté de 2,5 %, principalement en raison de la baisse des dépenses militaires.

Par ailleurs, le marché immobilier canadien, qui a longtemps été un moteur de croissance, affiche désormais une dynamique négative et peine à résister à une période prolongée de taux d’intérêt élevés. Des baisses ont été enregistrées à la fois dans la construction neuve et dans les coûts de transaction, ce qui témoigne d’une réduction de l’activité sur le marché secondaire.

Les dépenses de consommation ont augmenté de 0,4 %, ce qui, à première vue, laisse penser à une reprise de l’activité des ménages. Toutefois, cette progression a été obtenue au prix d’une diminution de l’épargne : le taux d’épargne des ménages est tombé à son plus bas niveau depuis deux ans, à 3,5 %. Dans le même temps, les dépenses liées au service des prêts hypothécaires et des autres dettes ont augmenté de 0,7 %, ce qui indique une pression financière accrue sur les ménages. La hausse des importations (+2,9 %) a également nettement pesé sur l’économie. Parallèlement, le volume total des exportations a reculé de 0,1 % en raison d’une baisse des livraisons de voitures et de camionnettes (conséquence de la politique tarifaire de la Maison-Blanche).

Tout cela ne représente, comme on dit, qu’une face de la médaille. L’autre, ce sont les « Canadian Nonfarms ». Le paradoxe réside dans le fait qu’alors que le PIB se contracte, le marché du travail canadien fait preuve d’une résistance remarquable. En mai, l’économie a créé près de 88 000 emplois (contre une prévision de +10 000), tandis que le taux de chômage est tombé à 6,6 % (contre une prévision de 6,9 %). Il est à noter que la hausse globale de l’emploi est entièrement imputable à la composante des emplois à temps plein, alors que le segment des emplois temporaires a enregistré une évolution négative. En outre, le PIB par habitant a progressé d’environ 0,9 % sur un an, grâce au durcissement de la politique migratoire (le rythme de croissance de la population s’est nettement ralenti).

Compte tenu de ces signaux contradictoires, on peut supposer que la Bank of Canada cherchera à maintenir un équilibre dans sa rhétorique, en délivrant un message neutre mettant en avant une posture attentiste. Il est significatif que les représentants de la banque centrale, dans leurs discours récents, n’aient pas dramatisé le ralentissement de l’économie. En particulier, la sous-gouverneure Carolyn Rogers a récemment déclaré qu’il ne fallait pas tirer de conclusions trop hâtives à partir de la seule définition formelle d’une récession technique, dans la mesure où les données préliminaires et les indicateurs avancés témoignent déjà d’un redressement de l’activité au deuxième trimestre. En effet, les estimations conjoncturelles de la croissance indiquent que le PIB du Canada a augmenté d’environ 0,4 % en avril, ce qui laisse penser que l’économie pourrait être en train de sortir du creux.

Ainsi, un scénario de décisions « optimistes mais attentistes » lors de la réunion de juin de la Bank of Canada pourrait soutenir le dollar canadien, en particulier sur fond de chiffres décevants concernant la croissance du PIB au premier trimestre. La réalisation d’un tel scénario exercerait une pression baissière sur la paire, permettant aux vendeurs de l’USD/CAD de pousser les cours vers les deux premiers niveaux de support : 1,3900 (ligne Kijun-sen sur le graphique en quatre heures) et 1,3870 (ligne inférieure des Bandes de Bollinger sur la même unité de temps).

*L'analyse de marché présentée est de nature informative et n'est pas une incitation à effectuer une transaction
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