L’argent s’écoule comme l’eau : il trouve toujours une brèche et s’échappe vers l’endroit le plus calme et le plus rentable. C’est ainsi que les capitaux se déplacent depuis l’Amérique du Nord vers l’Europe ces dernières semaines, avec la paire EUR/USD qui tente de se consolider au-dessus de 1,160, reflétant ce mouvement.
Officiellement, le rallye repose sur la divergence de politique monétaire entre la Banque centrale européenne et la Federal Reserve. Mais derrière ce tableau macroéconomique séduisant se cache une réalité beaucoup plus terre-à-terre : les investisseurs votent simplement avec leur argent pour ce qui leur paraît le plus fiable. Les indices boursiers européens surperforment nettement leurs homologues américains. Selon une enquête de Bank of America, environ 47 % des gérants de fonds s’attendent à ce que les actions européennes fassent mieux que les actions américaines au cours de l’année à venir — le niveau le plus élevé depuis février, à l’époque où le marché fonctionnait encore sans crainte de guerre avec l’Iran.
Dynamiques des surprises économiques aux États-Unis et en Europe

Cependant, la question tient désormais moins à la force de l’euro qu’à la fatigue du dollar. L’économie de la zone euro fait preuve d’une résilience inattendue : 97 % des participants à la même enquête n’anticipent pas de récession — la proportion la plus élevée depuis 2007. Les trois quarts sont convaincus que la poursuite de la hausse des actions sera alimentée non par une revalorisation, mais par les bénéfices réels des entreprises. L’indice Citigroup met en évidence un contraste marqué dans les dynamiques : les données régionales dépassent les prévisions plus qu’à tout autre moment depuis février 2023, tandis que les chiffres américains — ventes au détail et emploi — montrent récemment des signes de faiblesse.
L’Euro Stoxx 600 a atteint des sommets historiques après la meilleure saison de résultats depuis près de quatre ans et se négocie avec un multiple anticipé de 15, ramenant l’écart de valorisation avec le S&P 500 à son niveau le plus faible depuis février 2022. En réalité, il ne s’agit pas seulement de prix. Comme le soulignent les traders, le marché passe du récit « bon marché parce que c’est bon marché » à un récit centré sur la qualité des bénéfices — un argument bien plus convaincant pour acheter qu’un simple rabais.
Néanmoins, en août, l’Euro Stoxx 600 a sous-performé le S&P 500 d’environ 3 points de pourcentage, mettant fin à deux mois de surperformance. Plus de la moitié des gérants s’attendent à ce que la BCE relève ses taux en 2026 et 2027, mais l’histoire montre que les actions peuvent continuer à progresser même en période de resserrement monétaire, tant que l’économie est en mesure de soutenir la croissance des bénéfices.
Dynamiques de l’Euro Stoxx 600 et des taux de la BCE

L’événement clé de la semaine pour l’EUR/USD sera la publication du compte rendu de la réunion du FOMC de juillet. Morgan Stanley examinera l’ampleur des divergences au sein du Comité, la sensibilité aux données moroses de juin concernant l’inflation et l’emploi, ainsi que tout indice relatif à une éventuelle révision du nombre de réunions. Ces minutes pourraient en dire long sur la future fonction de réaction de la Fed — l’ensemble de règles à partir desquelles le marché tente de deviner la prochaine décision de la banque centrale.

Pendant ce temps, l’euro se comporte comme quelqu’un qui a enfin passé une bonne nuit de sommeil : pas d’euphorie, mais une confiance tranquille. Reste à savoir si ce calme perdurera après la publication des minutes.
Sur le plan technique, sur le graphique quotidien, l’EUR/USD attaque la borne supérieure de la zone de juste valeur située entre 1,140 et 1,160. Une percée à ce niveau permettrait d’augmenter les positions longues ouvertes à partir de 1,154.
