Le 16 août, le Cabinet Office japonais a publié les données préliminaires du PIB pour le deuxième trimestre 2026. Les chiffres se sont révélés nettement inférieurs aux attentes du marché : la croissance a été de 0,3 % d’un trimestre sur l’autre, contre une prévision de 0,5 %, et le taux annuel s’est établi à +1,1 % (prévision de 2,0 %). La consommation privée est restée quasiment atone, à zéro, et l’investissement en capital a reculé de manière inattendue de 1,2 % (d’un trimestre sur l’autre), alors qu’une hausse de 0,5 % était anticipée. Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de baisse, ce qui témoigne de l’incertitude persistante au sein des entreprises.

L’impact du conflit au Moyen-Orient et les perturbations du passage par le détroit d’Hormuz se reflètent déjà clairement dans les données. Le Japon a fortement réduit ses importations de pétrole brut, et la hausse des prix des carburants et des produits pétroliers a eu des répercussions négatives sur l’investissement et la consommation.
À l’inverse des chiffres moroses du PIB, la production industrielle a affiché des résultats encourageants, avec une croissance de 4,9 % sur un an en juin, nettement supérieure à l’estimation initiale de 4,2 % sur un an.
Le marché continue d’évaluer les conséquences de l’intervention conjointe sur les changes des États‑Unis et du Japon. Au 19 août, la paire USD/JPY se négocie autour de 159,50, se rapprochant du seuil psychologique de 160,00, ce qui indique que la paire a déjà récupéré près de la moitié de sa baisse.
L’intervention n’a pas modifié la tendance, principalement en raison de l’important écart de taux d’intérêt. Le taux de la Bank of Japan, à 1,00 %, reste inférieur de 275 points de base à la borne haute du taux directeur de la Federal Reserve (3,75 %). Même une éventuelle hausse de taux de 0,25 % de la BOJ en septembre modifierait à peine cet écart. Avec une inflation à 1,7 % (en glissement annuel), le taux d’intérêt réel au Japon reste négatif. De plus, les causes fondamentales de la faiblesse du yen — la dépendance structurelle du Japon aux importations d’énergie et l’important écart de rendement — demeurent inchangées.
La faiblesse des chiffres du PIB réduit la marge de manœuvre de la BOJ ; les signaux contradictoires d’une croissance faible et d’une inflation en hausse tirent désormais le comité de la BOJ dans des directions opposées.
Les pressions fondamentales sur le yen persistent. Les faibles données de PIB limitent la capacité de la BOJ à durcir sa politique de manière agressive. Les analystes de Deutsche Bank avertissent qu’un rendement de 3 % sur les obligations à 10 ans constitue la « ligne de défense clé pour la stabilité budgétaire » au Japon, et que le franchissement de ce seuil signalerait que le gouvernement a perdu le contrôle de la situation.
La position nette vendeuse sur le JPY s’élevait à -3,3 milliards à la fin de la semaine de référence, avec une baisse attendue du prix, ce qui laisse penser que la tendance haussière pourrait finir par s’inverser.

Une hausse de taux de 25 points de base par la BOJ en septembre est déjà entièrement intégrée par le marché et a peu de chances de soutenir le yen. L’intervention n’ayant fait que marquer une pause dans la baisse sans en inverser la tendance, une éventuelle hausse de taux de 0,5 % en décembre pourrait provoquer un fort renforcement du yen. Si des commentaires apparaissent indiquant que la BOJ envisage une telle option, la probabilité d’une reprise du mouvement haussier de l’USD/JPY diminuerait fortement. Nous pensons que la résistance à 160,50/75 tiendra et que le yen restera probablement en deçà de ce niveau, s’orientant progressivement vers la zone de support de 155,00/50.
